Document de spécification méthodologique — version v1 — 2026
Tellux est une plateforme cartographique consacrée à la distribution territoriale des champs électromagnétiques en Corse, naturels et anthropiques, croisée avec les données géologiques, patrimoniales et environnementales de l'île. Le projet est mis à disposition publique via tellux.pages.dev.
Le projet articule trois niveaux. Le premier est cartographique : représenter spatialement les expositions physiques mesurables (champ géomagnétique, anomalies locales, infrastructures radiofréquences, rayonnement ionisant de fond), en s'appuyant sur des données publiques existantes (ANFR, ASNR, BRGM, IGRF, EMAG2) et sur des mesures de terrain conduites par des tiers habilités. Le deuxième est formulateur : organiser, à partir de cette cartographie, des hypothèses testables sur les interactions entre environnement électromagnétique et biologie, rattachées à la littérature existante (volet non public à ce stade). Le troisième est exploratoire : rendre l'infrastructure disponible aux communautés scientifiques et aux collectivités.
L'architecture du modèle de calcul a fait l'objet d'une refonte documentée. Cette refonte adopte une partition explicite entre les domaines physiques (magnétique statique, magnétique basse fréquence, radiofréquence, ionisant), refuse l'addition scalaire de grandeurs hétérogènes, et réserve à un mode expert optionnel tout indice composite. Le présent document spécifie les choix méthodologiques au cœur de ce refactor, qui engagent la crédibilité scientifique du projet et conditionnent l'implémentation effective de la plateforme.
Le cadre épistémique du projet — refus symétrique de l'alarmisme et de la trivialisation, distinction des niveaux d'inférence, formulations explicitement écartées — est exposé dans le document de référence Méthode et limites. Le présent document s'en tient à la spécification méthodologique du modèle de calcul.
Le modèle antérieur de Tellux produisait un score composite scalaire unique (scorePhys = human + water*0.3 + geo + heritage*0.5) qui additionnait des grandeurs physiques hétérogènes : un proxy de champ magnétique en nanotesla, un proxy de teneur en eau, une susceptibilité adimensionnelle, une densité patrimoniale. Cette approche était pratique pour une première version mais elle n'avait pas de fondement physique, et le sens de la valeur produite était difficilement explicable à un interlocuteur scientifique.
Le modèle v2 adopte une architecture à quatre domaines physiques séparés. Chaque domaine est calculé et présenté dans son unité physique propre dans la vue par défaut. La réconciliation entre domaines est traitée via un indice composite explicite, réservé au mode Expertise, clairement labellisé comme convention calculatoire sans signification physique directe.
Deux sous-domaines distincts.
calcMagneticStatic) : champ géomagnétique principal (IGRF-14, environ 46 000 nT en Corse, inclinaison 58°, déclinaison 1–2° Est) augmenté des anomalies locales (EMAG2v3, résolution 2 minutes d'arc, et susceptibilité lithologique selon BRGM et Gattacceca et al. 2004). Unité : nanotesla (nT). Confiance : moyenne.calcMagneticELF) : champ oscillant à 50 Hz produit par les lignes HTA/HTB/BT et la production électrique insulaire, modélisé par Biot-Savart. Unité : nanotesla (nT). Confiance : moyenne.Ces deux sous-domaines ne sont pas sommés par défaut : ils correspondent à des régimes fréquentiels et à des mécanismes biologiques candidats distincts (mécanisme de paires radicalaires via cryptochromes pour le statique, modulation de canaux calciques voltage-dépendants pour l'ELF 50 Hz, selon la littérature).
Le marqueur d'exposition retenu pour le régime basse fréquence des infrastructures électriques est le champ magnétique B (domaine M / ELF, calculé par Biot-Savart à partir du courant des lignes — voir Domaine M). Le champ électrique E associé à ces mêmes lignes est lié à la tension ; il est fortement écranté par le bâti, la végétation, le relief et le corps humain, et n'est pas retenu comme marqueur d'exposition ELF dans la littérature de référence (qui rapporte les associations épidémiologiques au champ B, non au champ E). Le champ E ambiant hors infrastructures est par ailleurs dominé par le gradient de potentiel atmosphérique, très variable selon la météo et l'orographie, dont la modélisation spatiale continue à l'échelle territoriale n'est pas pertinente comme indicateur d'exposition. Le domaine E est donc explicitement hors périmètre du modèle ; il n'y a aucune contradiction entre l'intégration des lignes (via leur champ magnétique B) et la non-représentation du champ électrique E.
Densité de puissance en microwatts par mètre carré (µW/m²), avec conversion en V/m. Contributions : antennes 2G/3G/4G/5G (base ANFR Cartoradio), faisceaux hertziens point à point, radiodiffusion TDF. Propagation en champ lointain ($S = \mathrm{PIRE} / (4\pi d^2)$) depuis les émetteurs réels, puis redressement par une calibration interne calée sur les mesures extérieures certifiées ANFR/EXEM : le résultat est une estimation centrale d'ordre de grandeur du champ extérieur (elle sous-estime les sites les plus exposés et surestime l'intérieur des bâtiments, d'environ 12 dB, ainsi que les zones boisées). L'intégration d'une atténuation de trajet fine (modèle numérique de terrain, couvert forestier, bâti) reste un raffinement conditionné à la disponibilité des données, non appliqué dans la version courante. Repères documentaires dans les infobulles : seuil ICNIRP grand public en bande GSM de l'ordre de 4 500 000 µW/m² ; classification IARC 2B pour RF associée à un usage intensif. Confiance : moyenne. Implémenté par calcRF.
Débit d'équivalent de dose gamma en nanosievert par heure (nSv/h), décomposé en trois contributions :
Dose_gamma_ambient (nSv/h) = Dose_cosmique + Dose_terrestre + Dose_mesurée_balise
Activité radon séparément en becquerels par mètre cube (Bq/m³), classe de potentiel IRSN 2018. Implémenté par calcGammaAmbient et calcRadonPotential.
Chaque fonction de calcul retourne un objet structuré contenant au minimum :
{
value: <grandeur principale>,
unit: <unité SI>,
components: <décomposition par source>,
source: <jeux de données utilisés>,
confidence: "high" | "medium" | "low",
timestamp: <horodatage de la donnée>,
epistemic_note: <qualification épistémique explicite>,
under_review: <true si le calcul appartient à la zone gelée>
}
Le champ under_review: true signale les fonctions dont le corps de calcul est gelé en attente de validation méthodologique. L'interface affiche un indicateur visuel (picto losange ocre) sur ces valeurs.
Les choix méthodologiques décrits aux sections 4, 5 et 6 ci-dessous appartiennent à la zone gelée : ils sont spécifiés mais leur implémentation est conditionnée à une validation méthodologique externe. Les fonctions correspondantes retournent provisoirement un placeholder documenté plutôt qu'une valeur non validée.
Les choix d'architecture (signatures de fonctions, structure de retour, renommage, éclatement des fonctions existantes, intégration des nouvelles sources de données publiques) sont implémentables immédiatement sans risque méthodologique.
La modélisation du débit de dose gamma terrestre en Corse se heurte à une lacune documentaire. Les campagnes de spectrogamma aéroporté conduites par le BRGM en France métropolitaine couvrent plusieurs massifs (Massif Armoricain, Massif Central, Pyrénées, Vosges) mais la Corse n'a, à notre connaissance, pas fait l'objet d'une campagne dédiée. Les données disponibles sont :
L'ordre de grandeur naturel du débit de dose gamma en Corse, au vu de la prédominance des granites varisques, est estimé par l'ASNR (anciennement IRSN) entre 75 et 150 nSv/h, avec des dépassements permanents de 150 nSv/h documentés localement. Ces valeurs sont sans implication sanitaire directe à ces niveaux d'exposition chronique.
La décomposition du débit de dose gamma ambiant retenue est :
Dose_gamma_ambient (nSv/h) = Dose_cosmique + Dose_terrestre + Dose_anthropogenique
Les trois termes sont les suivants.
Approximation paramétrique embarquée côté client, sans appel à une API externe :
$$ \mathrm{Dose}_{\mathrm{cosmique}} \,(\mathrm{nSv/h}) \approx 35 \times \exp\!\left(\frac{\mathrm{altitude}_m}{1500}\right) $$
Le facteur 35 nSv/h correspond à l'ordre de grandeur au niveau de la mer aux latitudes tempérées. Le facteur 1500 m correspond à la hauteur d'échelle approximative du doublement de la fluence cosmique secondaire avec l'altitude. Cette approximation ne distingue pas les composantes muonique, électromagnétique et neutronique du rayonnement cosmique secondaire ; elle ne prend pas en compte la modulation par l'activité solaire (cycle de 11 ans, variations Kp journalières). Elle est proposée comme estimation suffisante pour un outil cartographique grand public à l'échelle territoriale.
Estimation lithologique par la formule NCRP 94 (1988) :
$$ \mathrm{Dose}_{\mathrm{terrestre}} \,(\mathrm{nSv/h}) \approx 13 \cdot U \,(\mathrm{ppm}) + 5{,}4 \cdot Th \,(\mathrm{ppm}) + 42 \cdot K \,(\%) $$
Où $U$ est la teneur en uranium en parties par million, $Th$ la teneur en thorium en parties par million, et $K$ la teneur en potassium en pourcentage massique. Ces coefficients relient les concentrations élémentaires au débit de dose gamma absorbée dans l'air à un mètre au-dessus du sol (UNSCEAR 2000, tableau 5).
Les lithologies corses pertinentes sont regroupées en trois familles.
Granitoïdes calc-alcalins varisques (Corse hercynienne, ouest et sud, association U2 dominante de la nomenclature Rossi-Cocherie 1991). Pour ces faciès, les intervalles plausibles consolidés issus de la triangulation entre la mesure in situ Puccini et al. 2014 (210 affleurements du batholite Corse-Sardaigne par spectrométrie gamma in situ, Environmental Earth Sciences, DOI 10.1007/s12665-013-2442-8) et les analogues régionaux varisques (Sardaigne, Massif Armoricain, Massif Central, Pyrénées axiales) donnent : $U = 3{,}0$ à $8{,}0$ ppm (médiane 5,0), $Th = 10$ à $27$ ppm (médiane 17), $K = 2{,}8$ à $5{,}1$ % (médiane 3,8). Débit de dose absorbée externe correspondant aux abondances médianes U/Th/K du batholite Corse-Sardaigne : ≈ 124 nGy/h (+33/−26 à 1σ), soit environ deux fois la moyenne mondiale (≈ 60 nGy/h, UNSCEAR 2000). Pour les faciès U3 alcalins tardifs (volume mineur), bornes supérieures relevées à $U \approx 12$ à $15$ ppm et $Th \approx 30$ à $45$ ppm. Ces intervalles restent à confirmer par campagne spectrogamma BRGM dédiée Corse.
Schistes et métamorphites alpins de Castagniccia (nord-est) : teneur U/Th/K intermédiaire, débits probablement entre 50 et 100 nSv/h.
Ophiolites et roches basiques téthysiennes : teneur U/Th/K faible, débits probablement entre 20 et 50 nSv/h.
Le cadre géologique de référence pour les granitoïdes corses est la nomenclature à trois associations magmatiques (U1 ultrapotassique mineur, U2 calc-alcalin dominant 310–280 Ma, U3 alcalin tardif) établie par Rossi & Cocherie 1991 (Tectonophysics 195:319-346) et Cocherie, Rossi, Fanning, Guerrot 1994 (Chemical Geology 115:173-211), affinée géochronologiquement par Paquette, Menot, Pin, Orsini 2003 (Lithos 70:289-311).
Nulle en conditions normales hors zones nucléaires. Non applicable en Corse.
Le modèle Tellux v2 distingue deux sous-domaines au sein du domaine magnétique :
calcMagneticStatic(lat, lon) : champ géomagnétique statique (continu), résultant du champ dipolaire principal IGRF-14 augmenté des anomalies locales (EMAG2v3, susceptibilité lithologique). Valeur typique en Corse : 46 000 nT ± 200 à 500 nT d'anomalie locale.calcMagneticELF(lat, lon, chargeFactor) : champ oscillant à 50 Hz produit par les lignes et installations électriques. Valeur typique loin des sources : inférieure à 1 nT ; en dessous d'une ligne HTA à 10–20 kV à quelques mètres : de l'ordre de 100 à 1 000 nT ; seuil ICNIRP grand public pour l'ELF 50 Hz : 200 000 nT.Ces deux contributions sont physiquement coexistantes en tout point, mais elles correspondent à des régimes fréquentiels distincts (DC versus 50 Hz), à des mécanismes instrumentaux de mesure différents (magnétomètre fluxgate pour le statique, gaussmètre basse fréquence pour l'ELF), et à des mécanismes biologiques candidats distincts dans la littérature. Pour la composante statique, le mécanisme de paires radicalaires via cryptochromes (Xu et al. 2021, Nature ; Hore et Mouritsen 2016) opère sur le régime DC et sur les variations temporelles de faible fréquence (variations géomagnétiques diurnes et lors d'orages solaires). Pour l'ELF 50 Hz, le mécanisme candidat principal est la modulation des canaux calciques voltage-dépendants (VGCC, Pall 2013), et les études épidémiologiques de référence — dont la classification IARC 2B pour une exposition résidentielle chronique supérieure à 0,3-0,4 µT (300–400 nT) — portent exclusivement sur la composante 50 Hz.
Une réponse corticale humaine non consciente à des rotations contrôlées du champ géomagnétique a été documentée en laboratoire (Wang, Kirschvink et al. 2019, eNeuro) ; la portée et les limites de cette littérature sont exposées dans Méthode et limites §4. Pour la spécification du domaine magnétique, le point retenu est métrologique : le modèle v2 n'additionne pas les composantes statique et ELF 50 Hz dans la vue par défaut, car elles relèvent de régimes fréquentiels et d'instruments de mesure distincts. Leur combinaison éventuelle en une valeur unique relève de la mesure instrumentale en bande large, qui n'est pas un indicateur biologique combiné.
Le champ géomagnétique principal n'est pas strictement statique. Plusieurs composantes temporelles se superposent à la valeur moyenne IGRF-14, avec des amplitudes et des fréquences caractéristiques très différentes. Cette sous-section les recense afin de documenter comment Tellux choisit de les représenter.
Oscillations régulières du champ pendant les journées géomagnétiquement calmes, d'amplitude typique de 20 à 60 nT, avec une périodicité dominante de 24 heures. Elles sont produites par les courants ionosphériques induits par le rayonnement solaire ultraviolet (Campbell 1989). Le système Sq est un repère géophysique classique et sert souvent de ligne de base pour détecter les perturbations.
Kp est un indice trihoraire planétaire de magnitude des perturbations (échelle de 0 à 9, pas de 1/3), produit à partir des relevés d'une douzaine d'observatoires (GFZ Potsdam, INTERMAGNET). Dst est un indice horaire mesurant l'intensité du courant annulaire équatorial et donc la phase principale des orages géomagnétiques (exprimé en nanoteslas, valeurs de -50 à -400 nT lors des orages). Les sources de référence sont la NOAA SWPC et le WDC Kyoto. Lors d'un orage géomagnétique (Kp supérieur à 5, Dst inférieur à -50 nT), les amplitudes locales du champ peuvent atteindre 100 à plusieurs centaines de nanoteslas, y compris à latitude tempérée.
Résonances électromagnétiques globales de la cavité ionosphère-sol, excitées principalement par l'activité orageuse. La fondamentale est à 7,83 Hz, avec des harmoniques à 14,3, 20,8, 27,3 et 33,8 Hz environ. Les amplitudes du champ magnétique associé sont de l'ordre du picotesla, plusieurs ordres de grandeur inférieures au champ principal. Les revues récentes (notamment Zhou Q, Williams ER, Boldi R. Impact of Solar Activity on Schumann Resonance: Model and Experiment. Atmosphere 2025;16(6):648, et la synthèse Atmosphere 2023;15(14):3557 sur les avancées récentes en observation des résonances de Schumann) documentent une modulation des fréquences de résonance par l'activité solaire (variation non monotone du fait de l'effet conjugué des rayons X et des protons énergétiques) et une altération de la cohérence lors des tempêtes géomagnétiques.
Pour chaque composante temporelle, Tellux choisit la représentation suivante. Les indices Kp et Dst sont affichés en bandeau contextuel à côté de la couche magnétique statique, et l'indice Dst est intégré à la correction externe appliquée au champ statique de référence (cf. sous-section 5.3 ci-dessous). Les variations Sq ne sont pas représentées à l'échelle territoriale (amplitude trop faible et variation quasi-uniforme sur la Corse), mais une approximation analytique est ajoutée à la valeur instantanée du champ pour traçabilité méthodologique. La résonance de Schumann est mentionnée dans la documentation mais n'est pas cartographiée (phénomène global, non local). Les orages géomagnétiques forts font l'objet d'une alerte visuelle lorsque le seuil Kp supérieur ou égal à 5 est franchi.
La littérature sur d'éventuels effets biologiques des variations temporelles naturelles du champ magnétique reste peu conclusive à ce jour. Cette question ne fait pas partie du périmètre de Tellux, qui cartographie ces variations comme facteurs temporels du modèle composite sans en tirer d'implication sanitaire.
Le champ géomagnétique mesurable en surface est la somme du champ principal (généré par la dynamo du noyau terrestre, environ 99,5 % de l'intensité totale en Corse), des anomalies crustales (lithosphère, environ 1 % et notre cible scientifique), et de perturbations externes (ionosphère et magnétosphère, jusqu'à plusieurs centaines de nanoteslas en tempête).
Une mesure ponctuelle non corrigée mélange ces trois composantes. Les anomalies crustales corses typiques (contacts granite-schiste, dykes, gisements de magnétite) se situent dans la plage 10 à 100 nT. Or :
Sans correction temporelle, il est physiquement impossible de séparer une anomalie crustale d'une signature ionosphérique ou magnétosphérique.
Comprendre la chaîne physique qui produit ces variations externes permet de comprendre pourquoi Tellux applique des corrections temps réel et quelles limites elles ont :
Cette chaîne physique est peer-reviewed et stable depuis 60 ans (Dungey 1961 → Sugiura 1964 → Iyemori 1990 → Milan 2007 → Daglis 2017) — Tellux s'inscrit dans le cadre scientifique mainstream de la météorologie de l'espace (référence manuel : Kivelson et Russell 1995, Introduction to Space Physics, Cambridge UP).
La fonction calcExternalCorr(lat, lon) dans app.html applique une hiérarchie à 3 niveaux pour estimer la perturbation externe :
F_obs(t) − médiane_30_jours(F_obs), baseline glissante mise à jour côté client à chaque rafraîchissement. Méthode la plus précise localement.F_perturbation ≈ Dst × cos(λ_dip) × cos(I_local) ≈ Dst × 0,42, où λ_dip ≈ 38° (latitude dipolaire Corse) et I_local ≈ 58° (inclinaison locale). Référence formulation : Mayaud P.N. 1980, Derivation, Meaning and Use of Geomagnetic Indices, AGU Geophys. Monogr. Ser. 22 (DOI 10.1029/GM022) ; application mi-latitude : Burke et al. 2011 (DOI 10.1029/2010JA015310). Équivalence Dst horaire ↔ SYM-H 1-min validée par Wanliss et Showalter 2006 (DOI 10.1029/2005JA011034).correction(Kp) = f(Kp) par paliers (0 nT pour Kp inférieur à 2 ; jusqu'à 110 nT pour Kp égal à 6 ; au-delà, extrapolation linéaire). Utilisée uniquement si INTERMAGNET et Dst sont indisponibles.Le badge Correction utilisée dans la barre conditions affiche la source effective en temps réel (AQU/DUR/CTS / Dst / Kp) avec la valeur appliquée en nanoteslas. Le workflow général suit les standards de correction magnétique aéromagnétique consolidés par Aitken et al. 2020 (JGR Solid Earth, DOI 10.1029/2020JB019825).
La précision finale de la composante crustale dépend du régime géomagnétique au moment de la mesure. Le tableau ci-dessous synthétise la précision attendue par cible d'anomalie en fenêtre d'acquisition verte (Kp inférieur ou égal à 2 et Dst supérieur ou égal à -30 nT) ; hors fenêtre verte, la précision se dégrade linéairement avec l'activité géomagnétique.
| Type d'anomalie | Amplitude typique | Précision Tellux (Sq + Dst + AQU) |
|---|---|---|
| Gisement magnétite | 200 à 2000 nT | ±10 nT (excellente) |
| Dyke basaltique | 100 à 500 nT | ±10 nT (excellente) |
| Contact granite/schiste | 50 à 150 nT | ±13 nT (très bonne) |
| Faille structurale | 20 à 80 nT | ±13 nT (bonne) |
Les indices Kp et Dst capturent indirectement l'effet Russell-McPherron (Russell et McPherron 1973, ré-analysé par Zhao et Zong 2012, J. Geophys. Res. Space Physics, DOI 10.1029/2012JA017845) : aux équinoxes, la géométrie Terre-Soleil maximise la probabilité d'une composante Bz sud du champ magnétique interplanétaire, ce qui amplifie la reconnexion magnétique côté jour et donc l'activité géomagnétique. Statistiquement, l'amplitude semi-annuelle représente +20 à +40 % d'activité géomagnétique aux équinoxes par rapport aux solstices. Tellux n'a pas besoin de modéliser explicitement cet effet : il est intégré par construction via les indices temps réel.
Pour des mesures EM in situ rigoureuses, Tellux affiche un indicateur Fenêtre acquisition EM dans la section « Activité solaire » de la barre conditions :
Cette stratification suit les seuils opérationnels NOAA G-Scale (swpc.noaa.gov/noaa-scales-explanation) et les bonnes pratiques INTERMAGNET d'acquisition magnétométrique.
wdc.kugi.kyoto-u.ac.jp/ae_realtime/).Le mode Expertise est un sous-menu optionnel de l'interface, accessible sur demande explicite, affichant un indice composite adimensionnel calculé à partir des trois domaines non électriques :
$$ \mathrm{indice\_composite} = w_M \cdot \mathrm{normalize}(B_{\mathrm{elf,nT}}, \mathrm{bornes}_{\mathrm{ELF}}) + w_{RF} \cdot \mathrm{normalize}(S_{\mathrm{RF},\mu W/m^2}, \mathrm{bornes}_{\mathrm{RF}}) + w_I \cdot \mathrm{normalize}(\mathrm{dose}_{\gamma,\mathrm{nSv/h}}, \mathrm{bornes}_{\gamma}) $$
La fonction normalize(x, [min, max]) est une normalisation min-max linéaire avec clipping :
$$ \mathrm{normalize}(x, [\min, \max]) = \mathrm{clamp}\!\left(\frac{x - \min}{\max - \min},\ 0,\ 1\right) $$
Cet indice est systématiquement présenté avec la note épistémique suivante, visible en permanence quand la couche est active :
Indice composite conventionnel, adimensionnel. Il ne représente pas une grandeur physique ni un indicateur sanitaire. Il permet de comparer la composition du paysage électromagnétique entre zones, selon des pondérations provisoires documentées ci-dessous. Ces pondérations sont modifiables par l'utilisateur.
Trois pondérations sont proposées à titre provisoire :
w_M = 0,4 (ELF 50 Hz anthropique)
w_RF = 0,4 (radiofréquence)
w_I = 0,2 (gamma ambiant)
Les justifications provisoires sont les suivantes.
$w_M = 0{,}4$ et $w_{RF} = 0{,}4$ : pondérations égales pour les deux domaines pour lesquels des études épidémiologiques documentent une exposition humaine ambiante et une signalisation biologique potentielle. Pour l'ELF, l'analyse poolée Amoon et al. (2022, Environmental Research, regroupant quatre études récentes) retrouve un odds ratio de 1,01 pour les expositions résidentielles supérieures à 0,4 µT ; Brabant et al. (2022, Reviews on Environmental Health) retrouvent un risque accru au-delà de 0,4 µT (odds ratio de l'ordre de 1,37 pour cette plage ; 1,26 en estimation globale de la méta-analyse). Pour les RF, l'avis SCHEER (2023) est cohérent avec la classification IARC 2B pour les RF associées à un usage de longue durée et ne relève pas d'élément justifiant une révision des seuils ICNIRP à ce stade.
$w_I = 0{,}2$ : pondération plus faible pour le domaine ionisant, pour deux raisons. D'une part, la variabilité spatiale du débit de dose gamma à l'échelle du territoire corse est modeste en valeur relative (75–150 nSv/h dans la grande majorité du territoire, soit un facteur 2 environ), ce qui limite le pouvoir discriminant de cette composante pour comparer des zones entre elles. D'autre part, l'implication sanitaire de ces niveaux, bien en deçà des zones à hauts fonds radioactifs naturels (HBRA) étudiées épidémiologiquement, reste débattue, l'implication sanitaire à ces niveaux n'étant pas établie.
Les bornes définissent l'espace dans lequel chaque grandeur est normalisée. Toute valeur au-delà de la borne haute est clippée à 1.
L'utilisateur en mode Expertise peut modifier les pondérations et les bornes en temps réel via des curseurs. Les modifications ne sont pas persistées entre sessions. L'indice se recalcule immédiatement et la carte se met à jour. La note épistémique reste visible en permanence quelle que soit la configuration choisie.
Le domaine magnétique statique recouvre la composante DC (zéro hertz) du champ magnétique ambiant et ses fluctuations très basses fréquences d'origine externe (variations diurnes Sq, indices Kp et Dst de la météorologie spatiale). Le projet retient comme bande effective de calcul l'intervalle 0 Hz à environ 0,001 Hz, en deçà des bandes ULF couvertes par les réseaux observatoires INTERMAGNET. Le domaine est traité comme distinct de la composante magnétique alternative à 50 Hz produite par les infrastructures électriques (Section 8) : ces deux régimes relèvent d'une même physique vectorielle mais font appel à des sources de données et à des méthodes de modélisation indépendantes, et leurs ordres de grandeur en Corse diffèrent de plusieurs ordres de grandeur (microtesla pour la composante statique, nanotesla typiquement pour la composante ELF aux distances habitables des lignes haute tension).
Le champ géomagnétique total mesuré au niveau du sol corse est de l'ordre de 46 microteslas, soit environ 46 000 nanoteslas, dans la moyenne européenne. L'inclinaison varie d'environ 56,5 degrés à Bonifacio (latitude 41,4° N) à environ 60 degrés au cap Corse (latitude 43° N), avec un gradient d'environ 0,5 degré par degré de latitude. La déclinaison est positive (vers l'est) et varie d'environ 1,2 degré à l'ouest de l'île à environ 2,5 degrés au cap Corse. Sur ce fond géomagnétique homogène se superposent des anomalies crustales de longueur d'onde caractéristique de quelques dizaines de kilomètres et d'amplitude typique comprise entre moins cinq cents et plus cinq cents nanoteslas, structurées par la géologie des massifs varisques granitiques et des unités alpines.
Les fluctuations externes diurnes Sq apportent une contribution modulée par l'heure solaire locale, dont l'amplitude reste de quelques dizaines de nanoteslas en conditions calmes. Les orages géomagnétiques peuvent ajouter ou retrancher plusieurs centaines de nanoteslas pendant les phases principales, mais ces événements sont transitoires et ne modifient pas la signature crustale de fond.
Le projet mobilise quatre sources institutionnelles pour reconstituer le champ statique en un point quelconque du territoire corse. Le champ principal est calculé à partir du modèle géomagnétique international IGRF-14 (Alken et collaborateurs, 2021), publié par l'IAGA. Un cross-check est effectué via le World Magnetic Model 2025 publié par la NOAA NCEI, dont l'écart au champ total IGRF-14 reste inférieur à environ quarante nanoteslas en Corse selon la documentation IAGA. La composante crustale s'appuie sur la grille EMAG2v3 (Meyer, Saltus et Chulliat, 2017, NOAA NCEI), à résolution deux minutes d'arc, avec un repli optionnel sur le modèle global LCS1 lorsque l'EMAG2v3 n'est pas chargé. La correction diurne Sq utilise une approximation paramétrique inspirée de Campbell 1989. La correction externe en temps quasi réel s'appuie sur l'observatoire INTERMAGNET de référence AQU situé à L'Aquila en Italie, avec un repli sur l'indice planétaire Kp publié par la NOAA SWPC en cas d'indisponibilité.
Le projet n'intègre pas de mesure magnétique terrain originale dans la composante statique. Cette absence est explicitement assumée : aucun observatoire INTERMAGNET n'est implanté en Corse, et la production d'une campagne magnétométrique territoriale dédiée relève d'un programme de recherche ultérieur, hors périmètre actuel.
La fonction calcMagneticStatic(lat, lon) du moteur de calcul retourne le champ statique total en nanoteslas au point géographique demandé, ainsi que ses composantes :
B_total = B_principal + B_anomaly + Sq_correction + external_correction
où B_principal est issu d'IGRF-14, B_anomaly est lue dans la grille EMAG2v3 (avec interpolation bilinéaire et lissage documentés en Annexe A), Sq_correction applique la modulation diurne paramétrique, et external_correction ajoute l'écart instantané rapporté par AQU INTERMAGNET ou estimé à partir de Kp. La fonction renvoie également l'inclinaison et la déclinaison locales, calculées par interpolation linéaire entre les valeurs IGRF-14 mesurées aux points de référence corses. Aucune constante du domaine statique n'est gelée.
Le retour de la fonction associe au calcul un indicateur de confiance medium. Les marges typiques se ventilent comme suit. L'incertitude liée à l'interpolation IDW de la grille IGRF-14 sur la Corse est de l'ordre de plus ou moins cent nanoteslas. L'incertitude crustale EMAG2v3 hérite de la résolution spatiale (environ 3,7 km à la latitude corse) et de la précision des compilations satellitaires, aéroportées et marines sources, soit typiquement plus ou moins quelques dizaines de nanoteslas pour les anomalies de longueur d'onde supérieure à dix kilomètres. La correction Sq paramétrique est une approximation calibrée à environ plus ou moins vingt nanoteslas en conditions calmes. La correction externe Kp introduit une incertitude résiduelle pendant les épisodes perturbés.
Aucune limite technique majeure ne porte spécifiquement sur la composante magnétique statique. Le repli WMM 2025 vers IGRF-14 ne constitue pas une limitation opérationnelle : l'écart documenté reste inférieur à la précision d'interpolation effective sur le territoire corse. Une possible duplication entre les couches emag et crustal dans l'application fait l'objet d'un audit interne, sans incidence directe sur la fiabilité du champ retourné par calcMagneticStatic. La validation par observatoire INTERMAGNET implanté en Corse demeure une perspective de recherche à plus long terme.
La modélisation statique permet de cartographier les anomalies crustales d'amplitude supérieure à environ cinquante nanoteslas et de longueur d'onde supérieure à environ dix kilomètres, à l'échelle de l'île. Elle permet de visualiser la signature géomagnétique des massifs et des contacts tectoniques, de localiser les zones d'anomalie crustale documentées par EMAG2v3, et de fournir un référentiel pour la comparaison spatiale entre points du territoire.
Elle ne permet pas la détection d'anomalies à très petite échelle spatiale (typiquement inférieure à un kilomètre) qui restent en deçà de la résolution de la grille crustale mobilisée. Elle ne permet pas la mesure individuelle d'un champ ponctuel en un lieu donné, fonction qui relève d'un magnétomètre certifié. Elle ne permet pas l'inférence d'effets biologiques, sanitaires ou de toute autre nature individuelle à partir du champ affiché : le passage du mécanisme physique à l'effet biologique, puis à l'effet sanitaire individuel, puis à l'impact populationnel demande une chaîne de niveaux d'inférence distincts dont la cartographie ne fournit que le premier maillon. Conformément à la position épistémique du projet, le champ géomagnétique d'origine naturelle et le champ d'origine anthropique sont traités ici comme des contributions vectorielles à un même champ physique unique, sans qualification sanitaire associée à l'origine de la source.
Le domaine ELF (Extremely Low Frequency) recouvre les champs magnétiques alternatifs dont la fréquence se situe entre 3 hertz et 3 kilohertz. Le projet retient comme bande effective de calcul la fréquence industrielle européenne de 50 hertz, qui correspond aux émissions des infrastructures du réseau électrique haute et basse tension. Ce domaine est physiquement distinct du domaine magnétique statique (Section 7) en ce que la composante alternative oscille à fréquence non nulle et induit des courants de Foucault dans les conducteurs et les organismes traversés, alors que la composante statique n'induit pas de courant en l'absence de mouvement. Les deux domaines partagent le caractère vectoriel et le principe de superposition, mais ils sont mesurés par des instruments différents et leurs contributions ne sont pas additionnées par le moteur de calcul du projet.
La Corse présente un réseau électrique insulaire à caractéristiques spécifiques, exploité par EDF Systèmes Énergétiques Insulaires. Les lignes haute tension catégorie A (HTA, typiquement 20 kilovolts) parcourent le territoire selon un maillage adapté à la topographie montagneuse et à la dispersion des points de consommation. Les lignes haute tension catégorie B (HTB, à partir de 63 kilovolts) sont en nombre limité et concentrées sur les axes principaux. Les lignes basse tension (BT, en deçà de 1 kilovolt) maillent l'urbanisation résidentielle et les zones rurales habitées.
Aux distances habitables des lignes haute tension, le champ magnétique 50 Hz typique reste de l'ordre de quelques centaines de nanoteslas, soit plusieurs centaines de fois inférieur au champ géomagnétique statique de fond. À proximité immédiate (moins de cinquante mètres) des lignes HTB et des postes sources, des valeurs ponctuelles atteignent quelques microteslas. À distance des infrastructures, le champ ELF résiduel décroît rapidement vers le bruit de fond ambiant. Cette phénoménologie de proximité conditionne entièrement la modélisation : le champ ELF n'est significatif que dans une enveloppe spatiale étroite autour des conducteurs.
La source principale du domaine est la cartographie du réseau électrique insulaire publiée par EDF Systèmes Énergétiques Insulaires Corse. Le projet a intégré la géométrie segmentée des lignes HTA et HTB, la position géographique des postes sources, et la position des éoliennes connectées. La cartographie BT est intégrée à titre d'infrastructure de stockage mais le calcul Biot-Savart segmenté sur BT est désactivé par défaut : un proxy de zones d'influence BT prend le relais pour estimer la contribution résiduelle des lignes basse tension dans les zones urbaines. Les données de charge instantanée publiques RTE eco2mix sont mobilisées comme repli national en l'absence de données de charge insulaire en temps réel ; cette intégration reste partielle.
Les contributions citoyennes terrain au moyen d'un magnétomètre dédié ne sont pas intégrées au calcul ELF à ce stade : leur ingestion est traitée dans le module de contribution générique mais sans rétropropagation vers le calcul théorique.
Le calcul du champ magnétique ELF (calcMagneticELF) implémente une sommation vectorielle des contributions Biot-Savart segmentées sur les lignes HTA :
B_total = √(ΣBx² + ΣBy²) avec Bx, By composantes vectorielles Biot-Savart par segment.
Chaque segment contribue selon la loi dB = (μ₀ · I · dL × r̂) / (4π · r²), où I est le courant nominal moduré par un facteur de charge chargeFactor. Le courant de référence HTA est défini par la constante HTA_BASE_CURRENT_A. L'addition des contributions HTA est strictement vectorielle. La fonction retombe sur une approximation à huit axes lorsque les données segmentées ne sont pas chargées en mémoire. Les contributions BT segmentaires sont désactivées en production. La contribution des postes sources et des éoliennes est ajoutée selon des modèles dédiés à courte portée.
Aucune constante du domaine ELF n'appartient à la zone gelée, qui ne couvre que les pondérations et bornes du mode Expertise (Section 6).
Le calcul ELF retourne un indicateur de confiance qui dépend de la couverture cartographique au point demandé. Les marges d'incertitude principales se ventilent ainsi. La géométrie segmentée HTA reste approximée par des segments rectilignes entre nœuds ; la rectilinéarité n'est exacte qu'aux échelles supérieures à la résolution du tracé fourni par EDF SEI. Le courant nominal HTA mobilisé n'est pas modulé en fonction de la tension réelle de la ligne ni en fonction d'une éventuelle charge instantanée locale. La correction triphasée appliquée pour tenir compte de la cancellation partielle entre les trois phases reste une approximation. Les segments BT torsadés dans les zones résidentielles ne sont pas calculés directement et la contribution résiduelle est estimée par zones de proxy moins précises que le calcul segmentaire correspondant. L'incertitude composite typique aux distances habitables des lignes HTA est de l'ordre de plusieurs dizaines de nanoteslas, dominée par l'incertitude sur le courant et la cancellation triphasée.
Quatre limites techniques principales touchent ce domaine. La cancellation du modèle Biot-Savart segmenté sur les lignes basse tension torsadées reste insuffisante : les ratios mesurés en zones urbaines indiquent des écarts importants par rapport aux valeurs attendues, ce qui justifie la désactivation actuelle du calcul segmenté BT et l'usage du proxy de zones d'influence BT. La collecte des caractéristiques techniques précises des lignes HTA insulaires (tensions effectives, configurations triphasées) reste à compléter. La modélisation triphasée est susceptible d'être affinée. L'intégration plus complète des données de charge nationale RTE eco2mix est envisagée à un stade ultérieur.
Ces limites restent ouvertes à la date de publication de la page. La résolution de la cancellation BT est conditionnée à l'obtention des caractéristiques techniques nécessaires et à la conduite d'une recalibration méthodologique. Aucun calendrier engageant n'est annoncé publiquement.
La modélisation ELF permet de cartographier la signature spatiale du champ magnétique 50 Hz aux distances habitables des lignes HTA et HTB en Corse, à partir des données de réseau publiques. Elle permet de localiser les enveloppes de proximité des infrastructures haute tension et d'apprécier la décroissance spatiale du champ avec la distance.
Elle ne permet pas de fournir une mesure ponctuelle individuelle équivalente à celle d'un gaussmètre certifié au point d'intérêt. Elle ne permet pas de représenter avec précision l'environnement ELF résidentiel intra-bâtiment, qui dépend des installations électriques internes et des appareils domestiques non cartographiés. Elle ne permet pas de qualifier sanitairement un point géographique : le champ affiché est un mécanisme physique modélisé, distinct de l'effet biologique éventuel à cellule, distinct de l'effet sanitaire individuel, distinct de l'impact populationnel épidémiologique. Conformément à la position épistémique du projet, l'origine anthropique du champ ELF ne lui confère pas en elle-même une qualification sanitaire défavorable, ni l'origine naturelle du champ statique une qualification sanitaire favorable : la qualification sanitaire dépend de l'intensité, de la durée, de la fréquence et du contexte biologique récepteur, non de l'origine de la source.
Le domaine radiofréquence (RF) recouvre les ondes électromagnétiques dont la fréquence se situe entre 30 kilohertz et 300 gigahertz. Cette bande englobe la radiodiffusion AM/FM, la télévision numérique terrestre, les bandes télécoms mobiles de la deuxième à la cinquième génération (de 700 mégahertz à environ 3,5 gigahertz pour la 5G française non millimétrique), les liaisons fixes par faisceaux hertziens, les radars civils et militaires, les bandes industrielles, scientifiques et médicales, et les réseaux Wi-Fi domestiques. Le projet retient comme bande effective de calcul les émissions des sites recensés par l'Agence Nationale des Fréquences en Corse, qui couvrent principalement les bandes télécoms, radio FM, télévision numérique et faisceaux hertziens. La continuité spectrale avec le domaine ELF (Section 8) est une réalité physique, mais les régimes de propagation, les ordres de grandeur et les méthodes de modélisation diffèrent suffisamment pour justifier un traitement séparé. Au-delà de la bande RF, à des fréquences supérieures à environ 2,4·10¹⁵ hertz (énergies supérieures à 10 électronvolts), les ondes deviennent ionisantes et relèvent du domaine traité en Section 10.
La couverture RF en Corse est structurée par la topographie montagneuse et la dispersion des points de consommation. Les sites d'émission se concentrent sur les axes littoraux et urbains (Ajaccio, Bastia, Porto-Vecchio, Calvi, Île-Rousse, Corte) et sur les relais d'altitude pour la couverture rurale et de transit. Selon l'extraction CartoRadio du 24 avril 2026, la base ANFR recense en Corse 3 000 antennes individuelles (2G/3G/4G/5G, tous opérateurs). 2 986 de ces antennes sont situées dans les contours communaux IGN de 219 des 360 communes corses et y forment 1 026 supports distincts (groupage lat/lon/opérateur) ; les 14 restantes correspondent à des déclarations ANFR sur des sites portuaires initialement hors contour strict, rattachées depuis à la marina de Solenzara (10 antennes, INSEE 2A269) et au port de Saint-Florent (4 antennes, INSEE 2B298), incluses dans le total par la déclaration ANFR. Rapporté à la superficie de l'île (environ 8 700 km²), cela représente une densité moyenne de l'ordre de 0,12 support par km². Cette densité reste inférieure à celle des grandes agglomérations métropolitaines.
Les expositions résidentielles typiques en zone urbaine corse, mesurées par les protocoles certifiés ANFR EXEM, se situent dans une fourchette de quelques dizaines de microwatts par mètre carré pour le champ électrique large bande, avec des pics ponctuels dépassant rarement quelques milliwatts par mètre carré dans les conditions de proximité directe d'antennes relais multi-opérateurs. Ces ordres de grandeur restent plusieurs ordres en dessous des limites d'exposition fixées par la recommandation ICNIRP 2020 pour le grand public.
La source principale du domaine est la base CartoRadio publiée par l'Agence Nationale des Fréquences (ANFR), version mise à jour à la date de publication de la page (recensement avril 2026). La base recense pour chaque site d'émission la position géographique précise, le type de service (téléphonie mobile, télévision, radio, faisceau hertzien, autres), la puissance apparente rayonnée déclarée et l'orientation principale d'antenne. Le projet a procédé à l'extraction et à la structuration de 30 fiches de mesures certifiées ANFR/EXEM, à partir des PDFs publics CartoRadio (Corse 2024-2026), redistribuées en JSON structuré et accessibles depuis la page d'accueil. La référence normative pour les bandes grand public est la recommandation ICNIRP 2020. Les positions des émetteurs de télédiffusion publique (TDF) sont intégrées séparément depuis le jeu interne tdf_emitters_corse.json.
Les sources écartées comprennent les données de couverture déclarative des opérateurs mobiles (qui décrivent une qualité de service perçue plutôt qu'une exposition modélisée) et les mesures de niveau de signal des terminaux utilisateurs (qui ne sont pas calibrées et présentent une dispersion incompatible avec une cartographie territoriale).
La fonction calcRF(lat, lon) du moteur de calcul retourne la densité de puissance équivalente totale en microwatts par mètre carré et le champ électrique équivalent en volts par mètre au point géographique demandé, sommés sur les contributions actives. Le champ dérive d'une source unifiée qui superpose, en densité de puissance, les émetteurs réels de trois familles institutionnelles : les antennes mobiles 2G/3G/4G/5G de la base ANFR (de l'ordre de 3 000 émetteurs géolocalisés sur le territoire corse), les faisceaux hertziens point à point, et la radiodiffusion TDF. Chaque contribution est propagée en champ lointain, puis l'ensemble est ramené à une échelle physique par un facteur de redressement interne (voir ci-dessous).
Pour les émetteurs broadcast TDF, le projet applique un modèle isotrope équivalent en champ lointain : S = PAR / (4π · d²), où PAR désigne la puissance apparente rayonnée en watts et d la distance au point d'observation en mètres. Une borne inférieure de distance de 50 mètres est appliquée pour exclure le proche-champ, où le modèle isotrope ne s'applique pas. Un plafond par émetteur de 50 000 microwatts par mètre carré est appliqué pour éviter les valeurs non physiques à très courte distance. Les émetteurs sans PAR connue sont ignorés. Pour les faisceaux hertziens, la contribution suit une décroissance linéaire jusqu'à 1,5 kilomètre puis une décroissance modulée jusqu'à 4 kilomètres.
La somme brute des contributions est ensuite redressée par un facteur d'échelle interne, calé sur les mesures extérieures certifiées ANFR/EXEM intégrées au projet. Le résultat constitue une estimation centrale d'ordre de grandeur du champ extérieur, assortie d'une dispersion géométrique typique d'un facteur d'environ 3,3 (rapport ×/÷ 3,3 entre estimation et mesure, évalué par validation croisée « leave-one-out » sur les mesures extérieures certifiées). Cette opération est une calibration interne : elle fixe l'échelle relative du modèle sur les points de mesure disponibles ; elle ne constitue ni une validation externe, ni un majorant réglementaire. Les mesures réalisées à l'intérieur des bâtiments servent, elles, à estimer l'atténuation de pénétration du bâti — de l'ordre de 12 décibels — que le modèle de champ extérieur ne représente pas. Une relecture méthodologique par un physicien tiers est en cours.
La conversion de la densité de puissance vers le champ électrique équivalent applique la relation E = √(S × 377) valide en champ lointain, où 377 ohms correspond à l'impédance d'onde du vide. La borne haute de la contribution RF à l'indice composite (mode Expertise) est figée dans la documentation du projet, en attente de relecture méthodologique externe.
Les marges d'incertitude principales du domaine RF se ventilent ainsi. La directivité réelle des antennes (dépointage vertical, azimut) n'est pas modélisée : le modèle isotrope équivalent surestime l'exposition dans les directions de moindre rayonnement et la sous-estime dans les lobes principaux. Une modélisation directionnelle a été prototypée et évaluée sur les données d'azimut et de hauteur publiées par l'ANFR ; elle n'a pas amélioré l'accord avec les mesures et a été écartée (voir 9.6). Les puissances apparentes rayonnées déclarées dans CartoRadio reflètent les valeurs maximales autorisées plutôt que les puissances effectivement émises à un instant donné. La propagation est calculée en champ lointain, sans prise en compte de l'atténuation par les obstacles topographiques (relief), par la végétation (couvert forestier) ou par le bâti urbain ; ces atténuations peuvent réduire significativement le niveau effectif au point d'observation. La somme arithmétique des contributions par émetteur ne tient pas compte des éventuelles interférences constructives ou destructives propres à chaque fréquence.
Les valeurs retournées par calcRF sont donc des ordres de grandeur d'exposition théorique du champ extérieur, recalés sur les mesures certifiées disponibles, et non des valeurs mesurées point par point. Elles sous-estiment les sites les plus exposés et surestiment l'intérieur des bâtiments (atténuation de pénétration non modélisée) ainsi que les zones fortement boisées ou de relief marqué. Les 30 fiches de mesures certifiées ANFR/EXEM intégrées séparément constituent la seule source de mesures in situ effectivement validées sur le territoire ; elles ont servi de référence à la calibration interne et restent consultables indépendamment du calcul.
La modélisation de la directivité d'antenne (dépointage vertical, azimut), longtemps identifiée comme le principal raffinement possible, a été prototypée puis évaluée sur les données ANFR : elle ne généralise pas. En validation croisée, l'introduction de la directivité dégrade l'ordonnancement des sites et la dispersion résiduelle par rapport au modèle isotrope, et le paramètre de dépointage n'est pas observable de façon fiable dans les données ouvertes. Le modèle isotrope équivalent est donc maintenu par décision méthodologique documentée, et non par défaut. Le levier d'amélioration identifié n'est plus la directivité mais l'enrichissement de la source (patrons d'antenne, caractéristiques techniques complètes), à évaluer séparément. La densification des mesures in situ (au-delà des 30 fiches actuellement intégrées) reste un chantier ouvert, tributaire de la publication ultérieure de rapports CartoRadio par l'ANFR ou de la conduite d'une campagne de mesure dédiée. Une éventuelle 5G millimétrique en milieu urbain demanderait une caractérisation dosimétrique spécifique, hors périmètre de la version courante.
La modélisation RF permet de cartographier la signature territoriale de l'exposition radiofréquence en Corse, à partir des sources d'émission recensées par l'ANFR. Elle permet de localiser les enveloppes de proximité des sites d'émission principaux, d'apprécier la densification urbaine versus rurale, et de fournir un référentiel comparatif entre points du territoire à des fins de dialogue institutionnel et de transparence publique.
Elle ne permet pas la mesure ponctuelle de l'exposition en un lieu donné, fonction qui relève d'un protocole certifié ANFR EXEM par un laboratoire accrédité. Elle ne permet pas l'évaluation de la conformité d'un site d'émission au regard des limites réglementaires, fonction qui relève de l'ANFR et des organismes de contrôle. Elle ne permet pas l'inférence d'effets sanitaires individuels à partir du niveau d'exposition modélisé : le passage du niveau d'exposition affiché à un éventuel effet biologique, puis à un effet sanitaire individuel, puis à un impact populationnel demande une chaîne d'inférence distincte qui n'est pas dans le périmètre de l'outil. La couche RF est explicitement présentée comme un modèle d'exposition théorique, et non comme une mesure ; cette distinction conditionne tout usage informé de l'outil.
Le domaine du rayonnement ionisant recouvre les rayonnements électromagnétiques et corpusculaires d'énergie suffisante pour ioniser la matière traversée, soit typiquement au-delà de 10 électronvolts. En termes de fréquence, cela correspond aux ondes de fréquence supérieure à environ 2,4·10¹⁵ hertz (extrême ultraviolet, rayons X, rayons gamma). Le projet retient comme bande effective de calcul les rayonnements gamma d'origine naturelle (fond ionisant ambiant) et le risque d'exposition au radon par voie respiratoire. Ce domaine est physiquement distinct des trois domaines précédents (Sections 7, 8 et 9) en ce qu'il fait intervenir des mécanismes d'interaction matière-rayonnement de nature différente : interaction électromagnétique de très haute énergie pour le gamma, désintégration alpha pour le radon. La rupture conceptuelle entre rayonnements non ionisants (Sections 7, 8, 9) et ionisants (Section 10) est essentielle : elle correspond au seuil d'énergie au-delà duquel les interactions électroniques peuvent rompre les liaisons chimiques et endommager directement les structures biologiques.
La Corse présente un fond gamma terrestre élevé en regard de la moyenne métropolitaine, lié à la géologie granitique hercynienne dominante. Les valeurs typiques observées au sol se situent entre 75 et 150 nanosieverts par heure selon les unités lithologiques traversées : plus élevées sur les granites hercyniens à biotite (sud-ouest et centre), plus modérées sur les schistes alpins et les ophiolites (nord-est). Cette signature géologique structure la couche gamma terrestre du modèle.
La composante cosmique du rayonnement gamma augmente avec l'altitude. Au niveau de la mer, la composante cosmique reste de l'ordre de 35 nanosieverts par heure. À Vizzavona (1 163 mètres), elle atteint environ 75 nanosieverts par heure. Au sommet du Monte Cinto (2 710 mètres), la composante cosmique modélisée s'établit à environ 210 nanosieverts par heure (approximation paramétrique exponentielle qui surestime vraisemblablement aux altitudes élevées), soit à elle seule davantage que le fond gamma terrestre côtier moyen.
Le risque radon en Corse est globalement classé en niveau 3 (potentiel élevé) par la cartographie ASNR pour la majorité des communes du département de Corse-du-Sud et pour une partie significative du département de Haute-Corse. Cette classification reflète l'émanation potentielle élevée des roches granitiques, sans préjuger de l'activité volumique effectivement mesurée à l'intérieur d'un bâtiment, qui dépend de la perméabilité du sol, de la ventilation et des matériaux de construction.
Le projet mobilise quatre sources institutionnelles pour le domaine ionisant. La cartographie radon par commune s'appuie sur la classification officielle ASNR au titre du décret 2018-434 et de l'arrêté du 27 juin 2018, complétée par la cartographie BRGM (rapport public RP-50200-FR de 2000) pour les classes lithologiques estimées en l'absence de classification communale officielle. Le boost ponctuel par lithologie utilise les classes 1 (calcaires, alluvions), 2 (gneiss, schistes, ophiolites, serpentinites, granodiorite) et 3 (granites hercyniens, granites à biotite). Pour la composante gamma terrestre, le modèle de référence est la formule NCRP 94 (Conseil national américain de radioprotection, recommandation 1987) qui exprime le débit de dose en fonction des concentrations d'uranium, de thorium et de potassium ; cette formule est gelée en attente de validation des plages U/Th/K corses par relecture méthodologique externe. La composante cosmique altitudinale utilise une approximation paramétrique exponentielle calibrée sur les ordres de grandeur publiés par le NCRP. Les balises Téléray exploitées par l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) en Corse — AJA pour la région d'Ajaccio, BAP pour la périphérie bastiaise — constituent la source de mesure ponctuelle de référence ; leur intégration via l'API ASNR reste à mettre en place.
Le projet n'effectue pas de mesure indoor radon. Les classements présentés sont issus de la classification officielle ASNR ou de l'estimation par lithologie ; la mesure individuelle indoor par dosimètre passif sur une durée de deux à trois mois reste la seule base d'évaluation sanitaire pour un bâtiment particulier.
Deux fonctions distinctes du moteur de calcul couvrent ce domaine. La fonction calcGammaAmbient(lat, lon, altitude_m) retourne le débit de dose gamma ambiant en nanosieverts par heure, décomposé en trois composantes :
cosmique = 35 × exp(altitude_m / 1500) — opérationnelterrestrial — gelé, placeholder en attente de validation méthodologique externeboost_ponctuel — somme des contributions de sites documentés (anciens sites uranifères, plages monazitiques) avec décroissance linéaire jusqu'au rayon d'influence ; conditionné à l'existence de mesures publiéesLa composante terrestrial est explicitement laissée en placeholder (null) tant que cette zone gelée n'a pas été validée méthodologiquement : les plages U/Th/K corses retenues pour la formule NCRP 94 doivent être validées par relecture externe avant intégration au calcul effectif. Le boost ponctuel est conditionné à l'existence de mesures publiées pour les sites documentés ; à ce jour, aucune mesure corse in situ publiée n'alimente la base, ce qui rend cette contribution nulle dans la pratique.
La fonction calcRadonPotential(lat, lon, options) retourne la classe de potentiel radon (1, 2 ou 3) au point demandé, la plage d'activité volumique estimée en becquerels par mètre cube, la lithologie inférée et la source de la classification (officielle décret 2018-434 ou estimation par lithologie). Les plages d'activité indoor estimées sont de 10 à 50 Bq/m³ pour la classe 1, 50 à 200 Bq/m³ pour la classe 2, 100 à 600 Bq/m³ pour la classe 3.
La fonction calcRadonPotential retourne un indicateur de confiance high lorsque la classe est issue du décret officiel et un indicateur plus modéré lorsque la classe est inférée par lithologie. La fonction calcGammaAmbient retourne un indicateur cohérent avec son état partiel : composante cosmique opérationnelle, composante terrestrial en attente de validation. Les incertitudes principales se ventilent comme suit. La composante cosmique paramétrique est calibrée à environ plus ou moins dix nanosieverts par heure aux altitudes basses, avec une marge croissante en altitude faute de mesures terrain corses à très haute altitude. La composante terrestrial NCRP 94, dans sa formulation actuelle gelée, présenterait une incertitude principalement liée à la dispersion des plages U/Th/K dans les granites hercyniens corses (estimées en première approximation entre 5 et 12 ppm pour l'uranium, entre 15 et 35 ppm pour le thorium, entre 3 et 5 % pour le potassium dans les granites à biotite, sous réserve de validation par campagne spectrogamma BRGM dédiée). La classification radon par commune dépend du périmètre du décret 2018-434, qui ne couvre pas exhaustivement le territoire au niveau communal en Haute-Corse.
Quatre limites techniques principales touchent ce domaine. La composante gamma terrestre relève d'une zone gelée et reste en attente de validation méthodologique externe avant déblocage. L'intégration de l'API Téléray ASNR pour récupérer les valeurs en temps réel des balises corses reste à mettre en place. L'absence de campagne de radiométrie aérienne BRGM dédiée à la Corse limite la possibilité de recalibrer les plages U/Th/K et de produire une cartographie gamma terrestre à résolution kilométrique. La couverture du dataset radon Corse vis-à-vis du décret 2018-434 est partielle, plus particulièrement en Haute-Corse.
Ces limites restent ouvertes à la date de publication de la page. Le déblocage de la composante gamma terrestre est conditionné à une validation méthodologique externe. Aucun calendrier engageant n'est annoncé publiquement.
La modélisation du rayonnement ionisant permet de cartographier la classification officielle radon par commune au titre du décret 2018-434, complétée par une estimation lithologique en l'absence de classification communale, sur l'ensemble du territoire corse couvert par les sources mobilisées. Elle permet de visualiser la signature altitudinale de la composante cosmique du rayonnement gamma. Elle prépare l'intégration future, conditionnée à la validation méthodologique de la composante gamma terrestre, de cette composante par lithologie.
Elle ne permet pas la mesure indoor radon d'un bâtiment particulier, qui relève d'un dosimètre passif certifié sur deux à trois mois. Elle ne permet pas la mesure ponctuelle du débit de dose gamma au sol, qui relève d'un compteur Geiger-Müller calibré ou d'un scintillateur. Elle ne permet pas l'évaluation sanitaire individuelle d'une exposition cumulée au rayonnement ionisant, fonction qui relève d'un dosimètre individuel et d'un médecin du travail ou d'un radioprotectionniste qualifié. Conformément à la position épistémique du projet, le caractère naturel de l'exposition (radon géologique, fond gamma terrestre, rayonnement cosmique) n'emporte pas en lui-même de qualification sanitaire favorable : le radon est classé cancérogène pulmonaire confirmé par le CIRC à partir de seuils d'exposition chronique, indépendamment de son origine naturelle. La prévention sanitaire associée à l'exposition au radon relève de la mesure individuelle indoor et des recommandations de l'ASNR, non de la cartographie territoriale. Le passage du niveau d'exposition modélisé à un éventuel effet sanitaire individuel, puis à un impact populationnel, demande une chaîne d'inférence distincte qui sort du périmètre de l'outil.
Les couches calculées par Tellux sont des estimations théoriques (modèles physiques alimentés par des données institutionnelles), non des mesures. Leur crédibilité se contrôle en les confrontant, là où des mesures indépendantes existent, aux valeurs réellement observées. Cette section documente les points de confrontation disponibles et les écarts attendus. Elle ne prétend pas à une validation exhaustive : la base de mesures indépendantes est limitée à ce stade, et son extension est conditionnée à la disponibilité de données publiques.
Le calcul RF (calcRF) produit une estimation centrale d'ordre de grandeur du champ extérieur, redressée par une calibration interne calée sur les mesures certifiées (voir Section 3 et Section 9) : il sous-estime les sites les plus exposés et surestime l'intérieur des bâtiments et les zones boisées. Les 30 fiches de mesures certifiées ANFR/EXEM (Corse 2024-2026, redistribuées en JSON public) constituent la seule source de mesures RF in situ validées sur le territoire. Elles ont servi de référence à cette calibration interne et permettent une confrontation ponctuelle : après recalage, l'estimation reste un ordre de grandeur, sans prétention de validation. Ces fiches sont consultables indépendamment du calcul ; elles ne sont pas fusionnées dans la couche théorique. La densification de ce jeu de mesures (au-delà des 30 fiches) dépend de la publication ultérieure de rapports CartoRadio par l'ANFR.
Le réseau Téléray de l'ASNR mesure en continu le débit de dose gamma ambiant ; des balises sont implantées en Corse (région d'Ajaccio, périphérie bastiaise). Ces mesures constituent un point de confrontation pour la composante gamma du modèle (calcGammaAmbient). L'intégration de ces valeurs via la source publique ASNR est prévue ; à ce stade, la composante terrestre du calcul gamma reste en attente de validation méthodologique (constantes gelées), et la confrontation systématique balise-par-balise n'est pas encore en place.
Pour le champ géomagnétique principal, la confrontation est inter-modèles : l'écart entre le modèle IGRF-14 retenu et le World Magnetic Model de la NOAA reste inférieur à quelques dizaines de nanoteslas sur la Corse (voir §7.3), ce qui borne l'incertitude du champ principal indépendamment de toute mesure terrain. Aucun observatoire magnétique permanent n'étant implanté en Corse, une validation par mesure magnétométrique territoriale relève d'un travail ultérieur.
Cette confrontation établit des ordres de grandeur d'écart et la direction des biais connus (p. ex. surestimation RF en espace libre), non une validation métrologique complète. Elle vise la transparence sur ce qui est contrôlé et ce qui ne l'est pas encore.
Cette annexe documente le traitement appliqué à la grille EMAG2v3 (Meyer, Saltus et Chulliat 2017, NOAA/NGDC) lorsqu'elle est mobilisée comme source d'anomalie magnétique crustale dans la composante statique de Tellux. Elle est destinée à un lecteur géophysicien ; elle n'est pas affichée dans l'interface publique.
EMAG2v3 fournit une grille globale d'anomalie magnétique à 2 minutes d'arc de résolution (environ 3,7 km à la latitude de la Corse), résultant de la compilation et du ré-échantillonnage de relevés satellitaires, aéroportés et marins. L'unité est le nanotesla. En Corse, la grille présente des anomalies dont l'amplitude typique se situe entre -500 et +500 nT, avec des structures de longueur d'onde caractéristique de quelques dizaines de kilomètres, compatibles avec la géologie des massifs varisques et des unités alpines.
Tellux effectue par défaut une interpolation bilinéaire de la grille EMAG2v3 vers les coordonnées de la requête. Lorsque la grille source est indisponible ou dégradée, un mécanisme de secours utilise une interpolation par pondération inverse à la distance (IDW, exposant 2) à partir du modèle LCS1 (champ lithosphérique satellite) restreint à l'emprise Corse. Le choix d'IDW pour le secours est motivé par sa robustesse face aux lacunes locales et par la simplicité de son implémentation côté client.
La magnétisation crustale présente une propriété statistique d'auto-similarité approximative sur plusieurs ordres de grandeur. La littérature géophysique documente des densités spectrales de puissance en loi de puissance, avec des exposants typiques compris entre 1,5 et 5,0 selon les provinces géologiques et les longueurs d'onde considérées (analyses fractales de champs potentiels, par exemple Pilkington et Todoeschuck 1993, Maus et Dimri 1994, et revues ultérieures). Cette propriété justifie un lissage conservateur : un lissage trop agressif efface des structures réelles aux courtes longueurs d'onde, tandis qu'une absence de lissage fait apparaître du bruit d'échantillonnage dans la représentation cartographique.
Tellux applique une convolution gaussienne de rayon caractéristique 3 cellules (environ 11 km à la latitude de la Corse) avant rendu à l'écran, au-delà du niveau de zoom pour lequel la résolution native de la grille devient inférieure au pixel. En deçà, le rendu utilise la valeur interpolée sans lissage supplémentaire. Ce compromis est empirique et documenté comme tel.
Pour la qualification qualitative des zones (« anomalie faible », « modérée », « forte »), Tellux retient des seuils relatifs à l'écart-type local sur un voisinage de 50 km autour du point : au-delà de 1 écart-type, l'anomalie est qualifiée de modérée ; au-delà de 2, de forte. Ce choix normalise la qualification selon la structure locale plutôt que selon un seuil absolu, ce qui est cohérent avec la variabilité régionale de la magnétisation crustale. Les seuils absolus en nanoteslas restent affichés dans l'info-bulle pour préserver l'information physique.
La résolution de 2 minutes d'arc ne permet pas de capter les anomalies très locales (échelle kilométrique et inférieure), qui nécessiteraient des levés aéromagnétiques régionaux dédiés. La Corse n'a pas fait, à notre connaissance, l'objet d'une campagne aéromagnétique publique au cours des deux dernières décennies ; toute comparaison avec une référence locale à haute résolution est donc aujourd'hui impossible. Tellux signale cette limite dans sa documentation et fait partie des données sollicitées auprès du BRGM (voir courriers institutionnels du 20 avril 2026).
Meyer B, Saltus RW, Chulliat A (2017), EMAG2: Earth Magnetic Anomaly Grid (2-arc-minute resolution), Version 3, National Centers for Environmental Information, NOAA. DOI 10.7289/V5H70CVX.