Cinq minutes de lecture pour comprendre ce que Tellux mesure, avec quelles donnees, et ce que la plateforme dit ou ne dit pas — mai 2026
Cette page est une synthese, pas une specification. Elle resume en cinq minutes la demarche scientifique du projet Tellux pour un lecteur non specialiste : agent municipal, association, journaliste, citoyen interesse. Le document long, destine aux evaluateurs scientifiques et au physicien-relecteur, est la Demarche scientifique complete. Le document tout-en-un sur la posture epistemique, les sources et les limites est la page Methode et limites. Cette page-ci se limite a la trame methodologique.
Tellux refuse symetriquement deux postures qui encombrent la communication scientifique sur les expositions environnementales : l'alarmisme, qui affirme que toute exposition de faible niveau entraine des effets sanitaires, et la trivialisation, qui denie tout interet scientifique aux questions ouvertes en deca des seuils thermiques. Entre les deux, le projet adopte la position intermediaire dite « position C documentee » de l'UNSCEAR 2012 sur les basses doses ionisantes.
Chaque affirmation produite par Tellux distingue explicitement quatre niveaux d'inference qui ne se substituent pas l'un a l'autre : mecanisme biologique candidat, effet biologique mesure en conditions controlees, effet sanitaire observable a l'echelle individuelle, impact populationnel detectable par epidemiologie. Le detail de cette posture, des trois formulations explicitement ecartees et du vocabulaire impose par le projet est expose dans Methode et limites.
Le modele Tellux partitionne l'exposition electromagnetique et ionisante en quatre domaines physiques distincts, chacun presente dans son unite propre, sans somme arithmetique entre regimes. Ce choix s'oppose a l'idee qu'un score scalaire unique resumerait l'exposition d'un lieu : les grandeurs des quatre domaines sont incommensurables au sens metrologique. La carte affiche donc plusieurs couches, et l'utilisateur peut identifier la contribution dominante en un point donne.
Le champ geomagnetique principal en Corse, calcule par le modele de reference international IGRF-14, vaut environ 46 000 nanoteslas, avec une inclinaison de 58° et une declinaison de 1 a 2° Est selon la position. Les anomalies crustales locales, issues de la grille mondiale EMAG2v3 publiee par la NOAA (resolution de deux minutes d'arc) et de la susceptibilite magnetique des lithologies du BRGM, ajoutent des ecarts de l'ordre de quelques centaines de nanoteslas en surface. Ce domaine est dominant en intensite mais quasi statique dans le temps a l'echelle humaine.
Le champ magnetique oscillant a 50 hertz, produit par les lignes haute, moyenne et basse tension du reseau insulaire EDF SEI et par la production electrique locale, est estime point par point a partir de la loi de Biot-Savart. L'unite reste le nanotesla. L'intensite decroit rapidement avec la distance a la ligne ; a quelques dizaines de metres, la contribution devient negligeable devant le champ terrestre statique. La calibration de la modelisation basse tension est volontairement conservatrice et identifiee comme dette technique ouverte.
Le domaine radiofrequence couvre les ondes electromagnetiques de 30 kilohertz a 300 gigahertz : radio FM et AM, television numerique terrestre, telephonie mobile 2G a 5G non millimetrique, faisceaux hertziens, Wi-Fi domestique. L'unite retenue est le microwatt par metre carre, avec conversion en volts par metre. La source principale est la base CartoRadio publiee par l'Agence Nationale des Frequences (ANFR), qui recense, dans son extraction du 24 avril 2026, 2 986 antennes individuelles geolocalisees en Corse, regroupees sur 1 026 supports distincts dans 219 des 360 communes de l'ile. Rapporte a la superficie, cela represente une densite moyenne d'environ 0,12 support par kilometre carre, sensiblement inferieure aux grandes agglomerations metropolitaines. A ce dispositif s'ajoutent trente fiches de mesures certifiees ANFR/EXEM couvrant la periode 2024-2026, extraites des PDFs publics CartoRadio et redistribuees en JSON structure (accessible depuis la page d'accueil).
Le rayonnement ionisant est decompose en deux grandeurs distinctes. Le debit d'equivalent de dose gamma, exprime en nanosieverts par heure, est decompose en contribution cosmique (depend de l'altitude), contribution terrestre (depend de la lithologie) et contribution mesuree par balise ASNR lorsqu'une mesure locale est disponible. L'activite radon, gaz d'origine geologique, est exprimee en becquerels par metre cube et reprend la classification par commune publiee par l'ASNR (autorite de surete nucleaire et de radioprotection). La Corse etant lithologiquement granitique sur une part importante de son territoire, le fond gamma terrestre peut localement depasser le fond mondial moyen, et le potentiel radon des communes du sud-ouest et du centre de l'ile est classe en categorie elevee.
Pour ancrer les chiffres : le champ magnetique terrestre vaut environ 46 microteslas en Corse ; les expositions residentielles radiofrequences typiques en zone urbaine corse, mesurees par les protocoles certifies ANFR/EXEM, se situent dans une fourchette de quelques dizaines de microwatts par metre carre, avec des pics ponctuels depassant rarement quelques milliwatts par metre carre dans les conditions de proximite directe d'antennes multi-operateurs. Ces ordres de grandeur restent plusieurs ordres de magnitude en dessous des limites d'exposition fixees par la recommandation ICNIRP 2020 pour le grand public (4 500 000 microwatts par metre carre en bande GSM). Le debit de dose gamma terrestre se situe typiquement entre 50 et 200 nanosieverts par heure selon la lithologie, soit du meme ordre que le bruit de fond mondial moyen, avec des points localement plus eleves sur les massifs granitiques. Le radon en sous-sol mal ventile peut depasser plusieurs centaines de becquerels par metre cube dans les communes classees, contre une moyenne mondiale d'environ 40 becquerels par metre cube.
Ces valeurs sont des estimations theoriques ou des mesures ponctuelles : elles ne se substituent pas a une mesure individuelle, et leur signification sanitaire depend de facteurs (duree d'exposition, contexte biologique recepteur) que la cartographie ne prend pas en charge.
Les sources mobilisees sont publiques et institutionnelles : l'Agence Nationale des Frequences (ANFR) pour la base CartoRadio, l'Autorite de Surete Nucleaire et de Radioprotection (ASNR) pour le radon communal et les mesures gamma de balises, le Bureau de Recherches Geologiques et Minieres (BRGM) pour les lithologies et la susceptibilite, le modele geomagnetique international IGRF-14 pour le champ statique, la grille EMAG2v3 publiee par la NOAA pour les anomalies crustales, le Space Weather Prediction Center de la NOAA pour les variations geomagnetiques temps reel, et le reseau electrique EDF SEI pour la topologie haute et basse tension. Les references normatives mobilisees sont la recommandation ICNIRP 2020 pour les radiofrequences grand public et la position de l'UNSCEAR 2012 pour les basses doses ionisantes.
Chaque valeur affichee sur la carte porte un statut epistemique explicite, distingue en trois niveaux : mesure (valeur issue d'un instrument certifie, comme les fiches ANFR/EXEM), modelise (valeur calculee a partir de donnees institutionnelles, comme le champ magnetique IGRF-14 ou la densite de puissance RF derivee de la base CartoRadio), hypothese (relation candidat-cible documentee mais non encore validee par une etude dediee, signalee comme telle). Cette distinction empeche les glissements entre une mesure et une estimation, qui fragilisent la communication scientifique sur les expositions environnementales.
Tellux dit : voici les sources documentees, voici les estimations spatiales, voici leurs limites. Tellux ne dit pas : tel lieu est dangereux, tel autre est sain. La plateforme n'emet aucune qualification sanitaire et ne se substitue pas a une evaluation medicale ni a une autorite competente. Pour les radiofrequences, l'autorite competente est l'ANFR. Pour le radon et les expositions ionisantes, c'est l'ASNR. Pour la surveillance epidemiologique, c'est Sante Publique France.
Le modele ne produit pas non plus d'indice unique par defaut. Un indice composite scalaire est propose dans un mode Expertise optionnel, mais il est explicitement labellise comme convention calculatoire adimensionnelle, dont les ponderations et les bornes de normalisation sont gelees en attente d'une relecture physicien tiers. Ce mode Expertise est destine a la comparaison relative entre zones, jamais a une qualification sanitaire.
Les limites principales de la modelisation sont nommees explicitement, domaine par domaine. Pour les radiofrequences, la directivite reelle des antennes n'est pas modelisee : un modele isotrope equivalent surestime l'exposition dans les directions de moindre rayonnement et la sous-estime dans les lobes principaux. Pour la basse tension 50 hertz, la calibration est conservatrice et identifiee comme dette technique ouverte. Pour le rayonnement gamma terrestre, la quantification fine du fond repose sur un placeholder en attente de relecture physicien tiers. La couverture par mesures in situ reste embryonnaire au-dela des trente fiches ANFR/EXEM integrees.
Le projet est en phase de validation methodologique, pas de demonstration. Les zones gelees, le statut juridique du projet (micro-entreprise Stella Canis Majoris pour la structuration, sans commercialisation), la licence MIT du code et le mode de signalement des erreurs sont detailles dans Methode et limites.